ANTIGONE ORCHESTRA fiche spectacle

Antigone Orchestra
une relecture de l’Antigone de Sophocle par la compagnie Sphota

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– Antigone Orchestra, c’est plutôt un oratorio autour d’Antigone…
– hum…on y entend des voix, même le public chante à un moment…mais il n’y a pas de chanteurs lyriques. alors oratorio…
– bon, c’est un concert-performance, sous l’égide de Sophocle.
– c’est quand même très préparé comme performance, ce serait plutôt un spectacle musical.
– et de toute façon, concert-performance ça fait peur comme mot.
– c’est du théâtre musical alors ? un théâtre musical de la révolte ?
– c’est bien pompeux, ça. simplement, c’est le spectacle de musiciens qui se confrontent
au texte dans l’urgence de la musique.
– ben ça, c’est bien intello…

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note

Antigone comme une pièce sur les puissances du sonore, dans laquelle se répondent la voix du pouvoir, le chant de la révolte et le grondement du peuple, dans laquelle les actions ne sont pas montrées, mais littéralement « haut-parlées ».
Sphota, en trio, exprime par sa musique une idée d’Antigone, s’attachant plus à faire sonner le mythe qu’à incarner le personnage. La partie concertante du spectacle est un long chant de la révolte : un souffle lyrique et âpre, une marche ininterrompue, déterminée et sensible.
Autour de cette idée d’Antigone résonnent, par le son, la musique et l’image, des figures échappées de la pièce.
Le roi Créon, muet et invisible, scande le spectacle : il est incarné par les projections visuelles de son texte, qui fait loi.
La voix du peuple soutient le pouvoir : le chœur de vieillards thébain, joué par dix musiciens, est traité comme un résonateur musical. Il pose un contexte de lois fortes et arbitraires, en jouant des rites musicaux dessinés et étranges, puissants et déroutants…
Une caméra vidéo, manipulée en live sur le plateau, montre peut-être ce que voit Polynice, le frère défunt d’Antigone, condamné à l’errance, attendant qu’on l’enterre selon le rite. Ses prises de vue révèlent au spectateur l’habituellement caché du faire musical, lequel revêt des dimensions symboliques.
Comme dans le théâtre antique, l’action avance grâce aux nouvelles rapportées de l’extérieur, qui prennent ici la forme d’archives sonores diffusées sur des hauts-parleurs mobiles.
A la charnière de la pièce, la terrible prédiction du devin Tirésias. Une chose sur laquelle nous gardons le secret…

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production

coproduction Sphota, compagnie d’invention musicale / GRAME, biennale Musiques en scène (Lyon) / Théâtre La Renaissance (Oullins) / Bonlieu Scène nationale d’Annecy / Musiques Inventives d’Annecy / MC2 (Grenoble) / en partenariat avec le CFMI de Lyon / avec le soutien du Réseau des Villes Centre et de l’Adami

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